Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 23:00

Les alignements mégalithiques de la région de Carnac sont répartis sur un vaste territoire  de 15Km de long s'étendant de la rivière d'Etel à la rivière de Crac'h, sur les communes de Belz, Erdeven, Plouharnel, Saint-Pierre-Quiberon, Carnac et la Trinité-sur-Mer dans le Morbihan (56).

Alignements du Ménec à Carnac.


Carnac est le site mégalithique le plus connu de Bretagne, et l'un des plus célèbres du monde, avec Stonehenge en Angleterre ou Newgrange en Irlande. Sur la seule commune de Carnac, les alignements sont répartis sur trois "champs" principaux sur une longueur de 3,9 Km, et comptabilisent 2934 menhirs disposés essentiellement en une dizaine de files parallèles. Outre les alignements, on peut voir également à Carnac de nombreux dolmens et tumulus datant approximativement de la même époque, entre -5000 et -3000 ans avant notre ère.

 


Alignements de Kermario, Carnac (photo personnelle retouchée afin de faire disparaître les grillages)


Les files des alignements de la ville de Carnac sont globalement orientées d'Est en Ouest sur les sites suivants:
. Kerlescan
. Le Manio
 et kermario
. Toul-Chignan et Le Ménec 



Plan général des alignements de Carnac


Ils sont complétés à l'Est par l'alignement du Petit Ménec à la Trinité-sur-Mer.

Ils se prolongent à l'ouest et au nord de Carnac sur les communes voisines:
. Les alignements de Saint-Pierre-Quiberon
.
Les Menhirs de Sainte-Barbe et ceux du Vieux-Moulin à Plouharnel
. Les Alignements de Kerzerho à Erdeven
. Le site démantelé des Alignements de Kerdruellan à Belz. 



Alignements de Kerzerho à Erdeven
 

Le sous-sol de Carnac est constitué par un granit clair et légèrement feuilleté qui affleure en de nombreux endroits, rendant le site propice à la construction de mégalithes. Les menhirs des alignements ont l'aspect de blocs restés bruts, parfois de forme très irrégulière. On peut y voir de nombreuses marques d'érosion qui laissent penser qu'ils ont été récoltés à l'affleurement plutôt qu'extraits en carrière.

Les principaux alignements de Carnac comprennent chacun entre 10 et 13 files de menhirs sur une largeur moyenne de 100m et une longueur pouvant dépasser un kilomètre. L'alignement du Ménec, considéré comme le plus complet du site, contient en tout 1170 pierres. Les menhirs des alignements sont de taille et de forme très variables, les plus petits mesurent environ 50cm et le plus grand, situé à Kermario, est aujourd'hui couché et mesure 6,42m de longueur. Les menhirs sont en général disposés par ordre de taille au sein de chaque groupe, les plus grands se trouvant le plus souvent vers la partie ouest du champ. C'est le site de Kermario qui a conservé les plus grands mégalithes alignés.

 


Vue aérienne des alignements du Ménec.


Le plus grand menhir dressé de Carnac, appelé le Géant du Manio, est situé entre les alignements de Kermario et ceux de Kerlescan. Il s'agit d'un monolithe isolé qui n'est pas associé à une file de menhirs, il est possible qu'il ait été érigé bien avant les grands alignements. Il mesure 5,80m hors sol.

Tous les groupes d'alignements sont bien distincts, ils ont chacun une orientation particulière, et des espaces de plusieurs centaines de mètres les séparent les uns des autres. Certains alignements ont conservé les vestiges d'enceintes mégalithiques, parfois appelées "cromlec'h" ou "oeuf mégalithique". Ce sont des groupes de menhirs disposés en hémicycle ( demi-cercle) situés aux extrêmités Est et Ouest des alignements. A Carnac, les sites du Menec et de Kerlescan ont encore ce type d'enceinte, mais à Kermario elle a aujour'hui totalement disparu; on pense qu'à l'origine tous les champs de menhirs de la région devaient être structurés de cette façon. 

 


Vue aérienne des Alignements de Kermario


Le site de Carnac, aussi impressionnant soit-il, ne présente que les vestiges d'un monument qui fut bien plus important par le passé. Les pierres que l'on voit aujourd'hui ne représentent sans doute que 10 à 20% du nombre total de mégalithes qui furent dressés à la période néolithique. La construction du site se serait étalée sur plusieurs générations, essentiellement entre -4000 et -3000 avant Jésus-Christ, mais il est possible que certains menhirs soient bien plus vieux.

Le nom de Carnac peut se traduire par "le lieu où il y a des pierres", carn en breton signifiant "amas de pierre" (voir cairn). La tradition orale a associé au lieu un nombre incalculable de légendes, et de coutumes, la plus célèbre étant sans doute celle de Saint-Cornely poursuivi par des légionnaires romains qu'il aurait transformés en "une armée de pierre". 

 


Représentation idéaliste des menhirs de Carnac à la période romantique


C'est seulement à partir du XVIII° siècle que des érudits commencent à s'intéresser aux alignements. Bien que le comte de Caylus ait pensé dès 1764 que les mégalithes pouvaient être vieux de plusieurs millénaires, la pensée scientifique et l'opinion publique attribueront ces monuments aux Gaulois et plus largement à tous les peuples Celtes. Cette idée restera dominante jusqu'à la fin du XIX° siècle, et perdure encore aujourd'hui dans l'imaginaire de beaucoup de touristes.

Les théories plus ou moins sérieuses se multiplièrent, expliquant comment et pourquoi autant de menhirs se dressaient ainsi à Carnac. Certains imaginèrent qu'ils étaient le résultat d'un boulversement naturel très ancien, d'autres affirmèrent que les menhirs avaient été érigés en l'honneur de guerriers morts sur un champ de bataille, ou encore que les alignements étaient les vestiges d'un ancien camp romain!

 Au XIX° siècle, apparaissent les théories selon lesquelles, Carnac serait un gigantesque observatoire astronomique, plus ou moins associé à des cultes solaire et lunaire. De nombreuses études se succèdent dans cet axe de recherche, et on découvre à partir de la fin du XIX° siècle la correspondance des files de menhirs avec la position du soleil aux solstices et aux équinoxes, les méthodes de calcul de divers phénomènes astronomiques; des théories souvent passionnantes mais qui ont rarement pu être démontrées.

 


Le Géant du Ménec, carte postale du début du XX° siècle.


En 1832, Murray et Vicars lèvent le premier "plan-masse" des monuments de la région, annonçant les nombreuses études de la fin du XIX° siècle. James Miln, un archéologue écossais, entreprend de vastes fouilles des monuments à partir de 1870. Il lèguera à sa mort, en 1881, les objets recueillis dans la région à la commune de Carnac. Cette collection sera à l'origine du Musée de la Préhistoire J.Miln auquel sera associé le nom de son jeune assistant carnacois, Zacharie Le Rouzic qui se chargera de sa conservation et de son enrichissement, jusqu'à sa mort en 1939. Célèbre pour les nombreuses fouilles et restaurations qu'il effectua sur les sites mégalithiques de la région, il reste encore aujourd'hui la figure emblématique de l'archéologie armoricaine.



Alignements du Ménec


Depuis 1950, le site mégalithique et la station balnéaire de Carnac attirent chaque année un nombre croissant de touristes. On estime à l'heure actuelle la fréquentation des alignements à environ 800.000 vititeurs par an. Depuis le début des années 1990, des grillages ont été installés autour des alignements du Ménec, de Kermario et de Kerlescan afin d'interdire aux touristes de s'approcher des menhirs en dehors des visites payantes organisées par la "Maison des Mégalithes". L'argument évoqué pour justifier l'installation des grillages est que la fréquentation en masse des sites d'alignements avait entrainé une déterioration des sols pouvant provoquer la chute des menhirs!

S'il est possible que 800.000 touristes exercent une influence sur le sol, il est en tout cas évident qu'ils représentent une énorme ressource financière pour ceux qui souhaitent faire du profit grâce à cette "attraction exceptionnelle". C'est ainsi qu'apparait, en parallèle de l'installation des grillages, le projet de construire un parc "Menhirland" dont l'objectif est de couper tout accès gratuit aux alignements, en expropriant les habitants proches des menhirs, et en créant une déviation de la route menant à la Trinité-sur-Mer.

Ce projet a provoqué une vive polémique qui dure depuis près de 20 ans, les nombreux opposants aux grillages et au projet menhirland étant représentés par l'association Menhirs Libres qui milite activement pour la défense des droits des Carnacois menacés d'expropriation et pour une gestion intelligente, pédagogique et résolument non-commerciale de tous les sites mégalithiques de la région de Carnac. L'association souhaite la suppression immédiate des grillages donnant un accès aux alignements libre et gratuit toute l'année, l'aménagement de parkings à différents emplacements près des sites, et des indications vers tous les monuments mégalithiques de la région afin de réduire le phénomène de concentration touristique sur les points les plus célèbres et les plus "rentables".

 


Alignements de Kermario


Je pense qu'il est essentiel que tous les visiteurs des sites mégalithiques prennent conscience de l'importance de cet héritage formidable que nous ont légué les populations qui vivaient ici il y a 6000 ans. Cette prise de conscience et le respect des sites et de leur environnement est l'affaire de tous, elle doit concerner tous les vestiges archéologiques, les plus fréquentés comme les plus modestes, et je ne pense pas que l'interdiction générale d'accès au site soit la bonne méthode pour responsabiliser le public.

Bibliographie:
. Charles-Tanguy Leroux et Yvon Boëlle, Carnac, Locmariaquer et Gavrinis; éditions Ouest-France
. Zacharie Le Rouzic, Carnac: Les Monuments Mégalithiques, leur destination, leur âge; édition de 1960 mis à jour par Maurice Jacq
. Jacques Briard, Carnac terre des mégalithes; éditions Jean-Paul Gisserot 
 
A proximité:
. Cairn de Kercado
. Tumulus Saint-Michel
. Quadrilatère de Crucuno à Plouharnel
. Grand Menhir Brisé  et Dolmen de la Table des Marchand à Locmariaquer 

 
Repost 0
Publié par Gaël - dans 56 Morbihan
commenter cet article
8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 15:43
Ce dolmen de type allée couverte se trouve sur la butte du Rocher du Tréal dans la commune de Saint-Just (35550) en Ille-et-Vilaine.


Vue de la façade sud, extrémité ouest


La commune de Saint-Just en pays de Redon, à environ 45Km au sud-ouest de Rennes, possède l'un des plus importants sites mégalithiques de Bretagne intérieure. Si l'essentiel des monuments se trouvent sur la Grée de Cojoux près du bourg, il faut signaler ce très beau dolmen, sur le Rocher du Tréal à environ 2km au nord-ouest de Saint-Just. 


Le Dolmen du Tréal est une allée couverte à entrée latérale qui s'apparente aux monuments d'Europe du Nord ( Danemark, Nord de l'Allemagne). Il est situé sur une crête rocheuse où sont visibles des affleurements impressionnants de Poundingue de Monfort, une roche à gros galet qui a servi à la construction de beaucoup de monuments de la région. 


Vue du sud-est avec l'entrée latérale au premier plan.


L'allée couverte du Tréal mesure 15,5m de long pour 1,2m de large. Elle est orientée nord-ouest / sud-est et l'entrée se fait sur le côté par deux dalles perpendiculaires à l'extrémité sud-est. Composé de 14 dalles du côté nord, de 11 dalles du côté sud, et de 10 dalles de couverture le monument est construit en poudingue de Monfort, à quelques centaines de mètres de l'affleurement principal. La fragilité de cette roche avait causé l'effondrement des dalles du côté sud, puis des dalles de couverture. Une importante campagne de fouilles et de restaurations menée entre 1990 et 1992 a permis de remettre en place les pilliers et la couverture.


Vue intérieure avec le pavage de la chambre.


Un pavage de petites dalles recouvrait le fond de la chambre, et le monument était inscrit dans un cairn composé de pierres de différentes tailles. Quelques fragments de matériel retrouvés dans le dallage ont permis d'estimer la date de construction du monument au néolithique final, environ 2500 ans avant notre ère. Il s'agit de poteries, de pointes de flèches et de pendeloques en grès et en cristal de roche. La découverte des traces d'une fosse contenant des poteries et silex datant de -3500, antérieure à la construction du dolmen, a révélé que le Rocher du Tréal était occupé dès le IV° millénaire avant notre ère.

Sur les landes de Cojoux, l'allée couverte du Four Sarrazin est un autre exemple de dolmen en allée avec entrée latérale, très proche dans la forme du Dolmen du Tréal mais plus court et moins bien conservé.


Vue de l'extrémité ouest


Datation: -3000 / -2500 avant notre ère.

Matériaux: Poundingue de Monfort

Bibliographie: J. Briard, M. Gautier, G. Leroux, Les Mégalithes de Saint-Just, éditions Jean-Paul Gisserot 

A proximité: Site mégalithique des Landes de Cojoux à Saint-Just comprenant notamment les Alignements du Moulin, le Château Bu, les dolmens & tumulus de la Croix Saint-Pierre, et l'allée couverte du Four Sarrazin.


Le Dolmen du Tréal avant restauration; détail d'une photo de J. Briard


Repost 0
5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 16:24

Ce menhir se trouve sur "Le Site Mégalithique" dans la commune de Locmariaquer (56740) dans le Morbihan.

menhir - locmariaquer


Aujourd'hui couché et brisé en quatre énormes morceaux, ce menhir qui mesure près de 21m pour une masse estimée à 280 tonnes est le plus grand connu en Europe. Lorsqu'il était dressé il devait s'élever à plus de 18,5m au dessus du sol. Par comparaison, le Menhir de Kerloas à Plouarzel dans le Finistère est le plus grand menhir encore debout à l'heure actuelle avec ses 9,50m de hauteur.

Le Grand Menhir, ou Men Er Grah, est taillé dans un orthogneiss ( type de roche granitoïde à gros grain et nettement feuilletée) étranger à la presqu'île de Locmariaquer dont le sol est constitué, comme à Carnac, d'un granit à grain fin. Il pourrait provenir d'un affleurement situé de l'autre côté du Golfe du Morbihan, et aurait donc été transporté sur plus d'une dizaine de kilomètres par des moyens encore indéterminés.

Au début du Néolithique 5000 ans avant notre ère,  la mer se trouvait à plusieurs mètres en dessous de son niveau, le rivage était situé environ 300m plus loin que les côtes actuelles, et le golfe du Morbihan était constitué d'une série de collines entrecoupées de vallées, et traversées par les rivières d'Auray et de Vannes. Ces rivières permettant malgré tout d'accéder à l'arrière pays par voie d'eau, il est envisageable que le transport des blocs d'orthogneiss ait pu se faire partiellement par flottage à l'aide de radeaux.

 

menhir - locmariaquer

La base du Grand Menhir et ses pierres de calage


Pour le dresser, les habitants du néolithique ont probablement creusé une fosse dans laquelle ils faisaient basculer le menhir depuis une rampe construite en terre, avant de le redresser avec des leviers et des chèvres en bois, et de le caler avec des pierres et de la terre. Une fois dressé il a été entièrement poli avec des percuteurs de quartz. La base destinée à être enfouie est restée brute à l'exception d'une "rotule" d'extrémité dont le but était de faciliter sa mise en place.

Les cassures séparant les fragments des trois morceaux aujourd'hui alignés comportent de larges esquilles sans doute dues à une brutale chute en porte-à-faux. La cassure principale est en revanche très franche et la disposition des blocs suggère qu'en s'écroulant, la partie supérieure a pu faire "chasser" la base qui se serait ensuite affaissée.

Le Grand Menhir, plus ancien que le Tumulus d'Er Grah et que la Table des Marchand, faisait partie d'un alignement de 19 menhirs dont les fosses de calage ont été redécouvertes lors de récentes fouilles archéologiques. L' alignement s'étendait sur une longueur de 55m dans un axe nord-est / sud-ouest depuis la Table des Marchand jusqu'au Grand Menhir, apparemment par ordre de tailles croissantes.

 


Les pierres de calage de l'alignement disparu avec au fond le Men Er Grah, et sur la gauche le cairn de la Table des Marchand


Au fil des siècles, de nombreuses théories ont été avancées cherchant à expliquer la chute du Men Er Grah, par des causes naturelles ( tremblement de terre, foudre) ou humaines ( des Chrétiens destructeurs d'idoles païennes, des vandales Gallo-Romains, etc.). On pense aujourd'hui que le menhir aurait été brisé dès l'époque néolithique, quelques siècles après son érection, sans doute entre -4300 et -4000. Un changement dans les croyances et les pratiques cultuelles, peut être suite à une guerre ou à l'arrivée de nouvelles populations sur le site de Locmariaquer, aurait amené les habitants de la région à détruire les idoles des anciennes religions et à réemployer les pierres pour construire de nouveaux monuments.

Lors des fouilles du cairn de l'île de Gavrinis, les archéologues ont découvert que sa dalle de couverture complétait parfaitement celle de la Table des Marchand, aussi bien par leur cassure que par les figures de bovins représentées dessus. Les deux dalles seraient semble-t-il des fragments d'un même menhir haut d'environ 14m et ayant appartenu à l'alignement d'Er Grah. La dalle de chevet de la Table des Marchand, connue pour ses somptueuses décorations, aurait pu elle aussi appartenir à ce même alignement; des analyses géologiques ayant démontré qu'elle avait été exposée en extérieur durant plusieurs siècles avant d'être incorporée à la chambre du dolmen.

 

schema menhir locmariaquer - gavrinis

Schéma du Men Er Grah et des tables de couverture de Gavrinis et de la Table des Marchand reconstitués.


Sur la commune de Locmariaquer, plusieurs dolmens semblent avoir été construits avec des fragments de menhirs provenant de l'ancien alignement, tels que le Mané Rutual et son impressionnante table de couverture longue de 11m, ou le Mané Lud dont le sol de la chambre est formé d'une énorme dalle en forme d'écusson. Toutes les pierres que nous venons de citer sont taillées dans le même type de granit que le Grand Menhir.

 


Gravure sur le Men Er Grah - Photo CNRS / P. Glotain


Comme le montre la photo ci-dessus, le Grand Menhir Brisé, à l'instar des tables de couverture Gavrinis / Marchand, porte lui aussi un grand signe en relief, malheureusement très érodé par les intempéries et les glissades de touristes peu respectueux. Cette gravure obtenue par piquetage de la roche représenterait un symbole de "hache emmanchée" assez proche de celui que l'on retrouve à la Table des Marchand ou encore au Cairn de Kercado à Carnac.

 


Dimensions:
environ 21m de long  et 3m de large pour un poids approximatif de 280 tonnes. Il devait atteindre 18,5m au dessus du sol lorsqu'il était dressé.

Datation:  érigé vers -4700 / -4500 avant notre ère, il aurait apparemment été abattu entre -4300 et -4000.

Autres noms: Men Er Grah ou Men Er Groah ( Pierre de la Sorcière), Men ar Hroëc'h ( Pierre de la Fée)

Classé MH: 1889

Localisation: à l'entrée de la commune de Locmariaquer suivre les panneaux "Site Mégalithique", rue de Kerlogonan. Entrée payante (renseignement: 02.97.57.37.59).

A proximité: Sur le même site se trouvent le cairn de La Table des Marchand et le Tumulus d'Er Grah.

Bibliographie:
. Jean L'Helgouac'h, Locmariaquer; éditions Jean-Paul Gisserot
. Charles-Tanguy Leroux et Yvon Boëlle, Carnac, Locmariaquer et Gavrinis; éditions Ouest-France

 

locmariaquer - carte postale - menhir

Carte postale du début du XX° siècle.

Repost 0
Publié par Gaël - dans 56 Morbihan
commenter cet article
4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 16:18
Ce menhir se trouve sur la commune de Quintin (22800) dans les Côtes-d'Armor.


Ce petit mégalithe d'environ 2m de haut est situé près du très beau menhir de la Roche Longue et semble être taillé dans le même type de granit. Comme je l'évoquais précédemment, il a été retrouvé il y a quelques années, enterré dans le courtil contigu à la route à quelques dizaines de mètres de son emplacement actuel, lors du creusement d'une tranchée d'adduction d'eau.

Aucune pierre de calage n'ayant été trouvée et identifiée, la détermination de l'emplacement où il a été à nouveau levé le 25 septembre 2004 a été rendu possible grâce aux concours de deux radiesthésistes, ayant agit isolément à plusieurs semaines d'intervalle. Que l'on croit ou non à la thèse radiesthésiste selon laquelle les menhirs seraient placés sur des noeuds telluriques ou sur des croisements de cours d'eau souterrains, c'est à ma connaissance la première fois qu'un menhir est officiellement redressé de cette manière.

Après avoir été mis en place sur le site par un engin mécanique approprié, le menhir a été levé selon les techniques supposées des populations du néolithique; sans doute à l'aide de machines simples telles que des leviers et des chèvres en bois.

Après vérification, il s'avère que l'orientation de l'alignement des deux menhirs du Clos des Roches Longues est identique à celle de l'alignement de Crec'h Ogel dans la commune voisine Le-Vieux-Bourg.


Datation: Période néolithique entre -4500 et -2500 avant Jésus-Christ

Localisation: au lieu-dit le Clos des Roches Longues à environ 500m du centre-ville de Quintin.

A proximité:

. Menhir de la Roche Longue à quelques dizaines de mètres.
. Nombreux mégalithes à quelques kilomètres sur la commune Le-Vieux-Bourg, dont les menhirs du monument aux morts, de Porzic, de Botudo, de Pasquiou, de Crec'h Ogel et de la Ville-Juhel.

Repost 0
3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 15:39

Ce menhir se trouve dans la ville de Quintin (22800) dans les Côtes-d'Armor.


La petite ville de Quintin possède un riche patrimoine historique et architectural, dont un magnifique mégalithe situé à quelques pas du centre ville. Le menhir de La Roche Longue, également connu sous le nom de Menhir du Cadrix est un très beau bloc de granit haut de plus de 7m à la forme élancée et très élégante.

Il fut visité en 1836 par Prosper Mérimée qui en parle selon ces termes dans son livre Notes d'un voyage dans l'ouest de la France:

"Avant de quitter Saint-Brieuc définitivement pour me diriger vers l'ouest, je voulus voir près de Quintin un menhir célèbre dans le pays. C'est un bloc de granit haut de vingt-cinq pieds. Sa plus grande épaisseur ( cinq pieds à peu près) se trouve à un tiers de sa hauteur. Il finit en pointe et sa base est remarquablement déliée. Il me semble évident que le bloc a été, sinon taillé, du moins dégrossi et façonné de la sorte."

 


Dans des documents datant du XVII° siècle et conservés dans les archives du Château de Quintin, le lieu où se dresse l'imposant menhir est appelé "Le Clos des Roches Longues", ce qui sous entend qu'il s'y trouvait autrefois plusieurs mégalithes. On a longtemps pensé que les autres monuments avaient disparus à des fins de réemplois comme c'est malheureusement souvent le cas, jusqu'à ce que l'on découvre récemment, lors du creusement d'une tranchée d'adduction d'eau, son "petit frère" à quelques dizaines de mètres. Ce dernier fut relevé en 2004.

 

La Roche-Longue sur une ancienne carte postale


Dimensions:
Hauteur: 7,50m
Largeur: 2,10m
Epaisseur: 1,20m

Autre nom: Menhir du Cadrix

Classé MH: 1862

A proximité:
. Petit menhir du Clos des Roches Longues redressé en 2004 à quelques dizaines de mètres.
. Menhir Le Fuseau au nord-est de Quintin.
. Menhirs de Crec'h Ogel et menhir du monument aux morts de la commune Le-Vieux-Bourg à quelques kilomètres de Quintin.

Repost 0
2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 18:42
Ce dolmen est situé près du lieu-dit la Ville-au-Voyer sur la commune de la Chapelle-Caro (56460) dans le Morbihan.


Ce monument est considéré comme un Dolmen à portique de type Angevin (ou type Loire), forme peu courante en Bretagne, bien qu'on en trouve quelques beaux exemples comme la magnifique Roche-aux-Fées à Essé (35). Il s'agirait visiblement du dolmen à portique le plus occidental de Bretagne.

Les dolmens de ce type seraient apparemment plus récents que les dolmens à couloir, et dateraient environ de -3000 à -2500 avant Jésus Christ. Ils se caractérisent par une grande chambre rectangulaire précédée d'un vestibule d'entrée à portique plus étroit et plus bas, et ont souvent un aspect colossal par la taille et le poids des pierres qui les composent.

Schéma extrait de La Préhistoire en Brocéliande de J.Briard


La chambre de la Maison Trouvée est couverte par une unique dalle de grés longue de 4,30m et large de plus de 2m; bien qu'elle soit fendue en son milieu, elle est assez bien conservée et très impressionnante.

Ce dolmen possède un cours vestibule à 2 dalles latérales avec, à l'entrée de la chambre principale 2 pilliers dont l'un présente une rainure (pour l'aménagement d'une porte?).

Le monument est situé dans un bosquet de chênes, et est entouré d'un tumulus d'un diamètre d'environ 20m, qui devait sans doute recouvrir à l'origine l'ensemble du dolmen.


Comme pour de nombreux mégalithes, de multiples légendes sont associées à ce dolmen. L'une d'elles raconte qu'un souterrain caché sous le dolmen conduit jusqu'au Rocher de Saint-Méen situé à quelques kilomètres. Ce souterrain servirait de refuge aux Feuillards, de petits êtres maléfiques proches des Korrigans, qui prenaient la place des nouveaux-nés dans leur berceau. Pour conjurer le sort, il faudrait parait-il jeter 9 pommes dorées dans un chaudron d'eau bouillante...


Autres noms: La Maison Trouée, la Pierre Trouée

Datation: début du III° millénaire avant notre ère

Classé MH:
28/08/1934

Localisation: à 500m au nord du lieu-dit la Ville-au-Voyer, entre les communes de la Chapelle-Caro et de Monterrein, à environ 5 km au sud de Ploërmel (56).

A proximité:
. Allée couverte de la Ville Bouquet au sud-ouest de Ploërmel (56).
. Menhirs du Piprais et de la Maison Neuve à Monterrein (56).




La chambre est couverte par une unique dalle de grés de 4.30 m de long et 3 m de large.

Repost 0
Publié par Gaël - dans 56 Morbihan
commenter cet article
2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 13:12
Ce menhir se situe à environ 1 km au Nord-Est du bourg de Monterrein (56800) au lieu-dit La Maison Neuve dans le Morbihan.


Ce beau bloc de quartzite se trouve dans un talus en bord de route, il mesure environ 2,50 mètres au dessus du sol, mais la face observable depuis la route (donc en contre-bas) doit sans doute mesurer plus de 3m. Il est large de 1,50m et épais de 1,40m environ à sa base. Bien qu'il ne soit pas indiqué, sa position en évidence en bord de route le rend assez facile à trouver.

Comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, quelques blocs de quartz plus petits sont couchés juste à coté du menhir, mais je n'ai pas réussi à savoir s'il sagissait de fragments du menhir, ou s'ils constituent les vestiges d'un ensemble plus complexes ( alignement, enceinte mégalithique). Ce menhir est peu connu et les informations le concernant sont rares et souvent erronées ( la commune elle-même le désigne, à tort, comme un monument celtique!).


Autres noms: Le Fuseau

Datation:
IV° millénaire avant notre ère.

Localisation:
Lieu-dit La Maison Neuve, au nord-est du bourg de Monterrein, à quelques kilomètres au sud de Ploërmel (56).

A proximité:
. Menhir La Roche Longue et menhir couché La Grenouille, à quelques centaines de mètres au milieu d'un champ, au lieu-dit le Piprais.
. Dolmen de la Maison Trouvée, à environ 2Km au lieu-dit la Ville-au-Voyer entre Monterrein et la Chapelle-Caro.

Repost 0
Publié par Gaël - dans 56 Morbihan
commenter cet article
3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 10:37
Ce menhir se situe à 2 km au sud de Dol-de-Bretagne (35120) en Ille-et-Vilaine.


Haut de 9,30m au dessus du sol, le menhir du Champ-Dollent est l'un des plus grands mégalithes encore dressés aujourd'hui. Cet énorme bloc de granit dont le poids avoisine les 125 tonnes est érigé sur un sol schisteux, et aurait donc été transporté sur une distance d'au moins 4 Km.

Sa surface soigneusement polie à été apparemment régularisée avec des percuteurs de quartz ou de dolérite. Au pied du menhir on peut également voir un bloc de dolérite. Il est possible que les différentes variétés de roche aient eu des significations particulières pour les populations qui érigèrent les mégalithes.

Au XIX° siècle, ce "monument païen" était surmonté d'un Christ en croix en métal comme en atteste une lithographie de 1846 et une ancienne carte postale (voir ci-dessous).

Il s'agit du mégalithe le plus anciennement cité par un érudit en Bretagne, Dubuisson-Aubenay en 1636.


De nombreuses légendes sont associées à ce célèbre mégalithe. Le nom "Champ-Dollent" viendrait du latin campus doloris qui signifie le champ de la douleur. Dans des temps reculés, une bataille opposant 2 frères ennemis et leurs armées aurait eu lieu sur ce site. La bataille fut une véritable hécatombe, à tel point qu'un torrent de sang aurait actionné la roue d'un moulin situé en contrebas dans le val. On raconte que le menhir serait tombé des cieux pour se ficher en terre à son emplacement actuel, séparant les deux frères et mettant fin à la bataille.

Une autre légende raconte qu'un jour le Diable, voyant Saint-Samson construire la cathédrale de Dol-de-Bretagne, tenta de la détruire en lançant un rocher arraché au Mont Dol. Il manqua sa cible et la pierre n'atteignit que la partie supérieure d'une tour de l'édifice (aujourd'hui encore manquante) avant de se planter en terre à quelques kilomètres de là.

On raconte également que le Menhir s'enfonce sous terre de quelques centimètres chaque année, et que sa disparition complète marquera la fin du monde. Il serait déjà enfoncé de 5m dans le sol...

Bloc de dolérite au pied du menhir du Champ-Dollent

Dimensions :
. hauteur au-dessus du sol : 9,30m
. circonférence : 8,70m à sa base
. largeur : 1,80m en moyenne
. épaisseur : 1m en moyenne
. poids: 125 tonnes

Datation : époque néolithique, sans doute entre 4500 et 3000 avant notre ère.

Classé MH : 01 janvier 1889

Localisation
: Lieu-dit le Champ-Dollent, à 2km au sud-est de Dol-de-Bretagne, sur la route de Combourg, près du hameau de Carfantin. Le menhir est indiqué depuis le centre-ville de Dol-de-Bretagne.

Dessin de H. Lorette, Lithographie Landais et Oberthur Album Breton, Paris N. Coquebert, 1846.



Repost 0
26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 15:07
Cette enceinte mégalithique se trouve à environ 300m à l'est du Dolmen de Crucuno à Plouharnel, dans le Morbihan (56).


Cet ensemble de 22 menhirs est un des rares quadrilatères mégalithiques connus, avec notamment le Quadrilatère du Manio à Carnac, et le Jardin-aux-Moines à Néant-sur-Yvel. Ce monument a été restauré en 1882, seules 9 pierres étaient encore debouts à ce moment là. Il semblerait que son orientation "trop précise" soit due à cette restauration abusive. Les angles de cette enceinte sont parfaitement alignés sur les points cardinaux, les côtés les plus longs (33m) étant alignés est / ouest, et les plus courts (25m) alignés nord / sud. Les menhirs mesurent en moyenne 2m de haut.


Certains pensent que ce monument servait à l'observation astronomique, permettant par ses diagonales de calculer les dates des levers et couchers du soleil aux solstices d'été et d'hiver. En effet le soleil se lève parfaitement à l'est le jour de l'equinoxe de printemps, le 21 mars, mais plus on approche de l'été et plus sa position se décale vers le nord. Les pierres de l'enceinte auraient donc servi à marquer ces différentes positions et à établir un calendrier. Il est possible que ce quadrilatère ait également servi à étudier des mouvements assez complexes de la lune ou des constellations. D'autres théories considèrent ce type d'enceintes comme une sorte de sanctuaire religieux qui délimiterait un espace sacré ou un lieu de culte.

Ce quadrilatère est souvent appelé Cromlech de Crucuno, comme le montrent les panneaux d'indication. Cette appellation semble aujourd'hui confuse et peu appropriée, un cromlech désignant habituellement une enceinte de forme circulaire, ou du moins courbée, et non pas des enceintes rectangulaires comme ici.


Datation
: -4000 BC

Classé MH
: 1889

Localisation : Lieu-dit Crucuno à Plouharnel (56), à environ 300m du village. Depuis le dolmen suivre les panneaux "cromlech".

A proximité
:
Dolmen de Crucuno à Plouharnel
Alignements de Kerzerho à Erdeven
. Alignements mégalithiques de Carnac



Repost 0
Publié par Gaël - dans 56 Morbihan
commenter cet article
25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 17:12

Ce menhir se trouve sur la commune de Pleumeur-Bodou (22560) dans les Côtes-d'Armor.


Le menhir de Saint-Uzec est un impressionnant bloc de granit local de 8m de haut et de 3,50m de large à sa base; il doit peser plus de 60 tonnes. Il est aujourd'hui placé dans un enclos auquel on accède par un petit escalier. Il aurait été érigé au néolithique, entre -4000 et -2500 avant notre ère.

C'est un des plus beaux exemples de "menhir christiannisé", il est surmonté d'une croix et comporte sur sa face sud des bas-reliefs réalisés vers 1674 lors des missions évangéliques du Père Maunoir, un jésuite connu pour avoir détruit un grand nombre de mégalithes considérés par l'église comme des idoles païennes. Ces bas-reliefs représentent les instruments de la passion, la Vierge, la lune et le soleil. Il y avait autrefois un Christ peint en couleur que l'on peut encore voir sur d'anciennes cartes postales.


Le dos de la pierre présente des rigoles créées par l'érosion, ainsi qu'une cuvette qui s'est creusée à l'horizontale lorsque le bloc n'était pas encore détaché de sa roche-mère. Autrefois ces formes naturelles étaient interprétées comme des canaux destinés à faire couler le sang des victimes sacrifiées par les druides!

2 cartes postales du début du XX° siècle montrant le menhir et le Christ peint.

Autres noms: Menhir de Saint-Duzec, Menhir de Penvern

Classé MH
: 1889

Localisation
: Près de la chapelle de Saint-Uzec, au lieu-dit placen ar peulven (la place du menhir) sur un petit chemin à gauche de la route menant de Penvern à Pleumeur-Bodou, à quelques kilomètres au nord de Lannion (22)

A proximité :
. Allée couverte de l'île Grande
à Pleumeur-Bodou
. Allée couverte de Prajou-Menhir à Trébeurden
. Dolmen et allée couverte de Kerguntuil à Trégastel


Repost 0