Le mot
dolmen, d'origine bretonne, est constitué des termes
dol (ou
daol,
taol) qui veut dire
table, et
men (ou
maen) qui signifie
pierre.
C'est un terme généraliste qui désigne des
monuments mégalithiques composés, dans leur version la plus simple, de plusieurs
grandes pierres formant une chambre. La
chambre est le plus souvent constituée d'une ou plusieurs pierre(s) disposées à
l'horizontale appelées tables de couverture, reposant sur des pierres plantées en sol et servant de pilliers
appelées orthostates; un dolmen ayant ainsi effectivement l'aspect d'une "table de pierre". La dalle du fond de la chambre est
appelée "dalle de chevet", il est possible que dans certains dolmens cette dalle ait eu une signification particulière.
Certaines chambres dolméniques ont une couverture en forme de four réalisée en
pierres sèches, on parle alors de chambre
en "tholos". Ces constructions contemporaines des menhirs et des dolmens utilisent peu (ou pas) de grandes pierres mais sont tout de même apparentées aux mégalithes, et font partie du groupe des
dolmens. On en trouve notamment dans le Finistère à
Carn,
Guennoc et
Barnenez.
Les monuments tels qu'on les voit aujourd'hui ont rarement conservé leur aspect d'origine. Réduits le plus souvent à leur structure interne, les dolmens ne sont que les squelettes de constructions
plus complexes dont on a conservé quelques rares exemples (
Cairn de
Kercado à Carnac, de
Gavrinis à Larmor-Baden). On pense aujourd'hui que tous les dolmens étaient certainement recouverts d'un
cairn et/ou d'un
tumulus qui ont disparu au fil des
siècles par l'action conjuguée de la nature et des hommes. Le site de la
Table des Marchand à Locmariaquer (56) nous montre un bel
exemple de dolmen ayant retrouvé son cairn suite aux importants travaux de restaurations menés ces dernières années.
Un certain nombre de dolmens présentent des gravures ou des bas-reliefs. L'exemple le plus impressionnant est le
Cairn de Gavrinis dont
presque toutes les pierres du couloir et de la chambre sont couvertes de gravures. On trouve d'autres exemples intéressants à Locmariaquer (
Table des Marchand, Dolmen coudé des
Pierres Plates), à Commana (
Allée couverte du
Mougau), mais aussi dans d'autres régions comme par exemple l'
allée couverte d'Aveny à Dampsmesnil (27). Il est possible que
certaines de ces figures soient plus anciennes que le dolmen lui-même, il s'agirait de dalles ayant appartenu à des monuments démantelés dès l'époque néolithique.
Dans les régions où le calcaire est abondant, certains monuments ont livré des ossements humains, parfois en très grand nombre comme à la Chaussée-Tirancourt dans la Somme (80). Par analogie, on a
souvent considéré que tous les monuments dont les vestiges présentent des similitudes étaient des sépultures. Certains dolmens sont considérés comme des monuments funéraires bien qu'aucun ossement
n'y ait été retrouvé. Selon la nature des sols, la conservation des os, s'il y en a eu, n'a pas toujours été possible. A mon sens, le fait que certains dolmens aient servi de tombeaux ne signifie
pas forcément que tous ont eu cette seule et unique fonction. En l'absence de preuves, toutes les interprétations ne sont que pures hypothèses.
Bien que tous les dolmens soient différents, on relève entre eux des caractéristiques communes, permettant d'élaborer une classification des monuments. On distingue les types de dolmens
suivants:
.
Dolmen simple: Constitué d'une unique chambre sans couloir, c'est la forme la plus simple comprenant une dalle de couverture
soutenue par un certain nombre de pilliers
.
. Dolmen à couloir: Monument formé d'une chambre à laquelle on accède par un couloir. Le plafond du couloir est plus bas
que celui de la chambre. Il existe différents types de dolmens à couloir selon le nombre et la disposition des chambres et des couloirs. Il s'agirait apparement d'une des formes les plus anciennes
de dolmens, construits entre -5000 et -3000 avant notre ère.
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Dolmen coudé: Dolmen à couloir souvent assez long présentant un plan coudé ou plus rarement en angle de 90° (on parle alors de
dolmen en équerre). Ces dolmens semblent dater du néolithique final, vers -3000 / -2000 BC.
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Dolmen angevin: Style régional de dolmen souvent très grand avec un vestibule d'entrée surmonté d'un imposant portique, une
antichambre et une grande chambre rectangulaire cloisonnée. Le vestibule est généralement plus étroit et plus bas que la chambre principale. On parle également de "dolmens de type Loire" car on les
retrouve essentiellement dans la région de Saumur.
La Roche aux Fées à Essé (35) - dolmen de type angevin.
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Dolmen transepté: Monument avec des petites chambres de chaque côté du couloir principal.
.
Dolmen en V: Dolmen à entrée étroite dont le couloir s'élargit progressivement jusqu'au fond de la chambre (
Dolmen de Liscuis à Laniscat).
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Allée couverte (ou Dolmen en allée): Monument composé d'une
grande chambre dont toutes les dalles de couverture sont à la même hauteur, à laquelle on accède par une entrée très courte. (
Voir l'article détaillé)
.
Allée couverte arc-boutée: Dolmen en allée dont les pilliers latéraux sont inclinés et reposent les uns contre les autres. Ces
dolmens ont la particularité de ne pas posséder de table de couverture.