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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 12:15

Ce dolmen se trouve sur le site mégalithique d'Er Grah, commune de Locmariaquer (56740) dans le département du Morbihan.

 

La Table des Marchand ( an Daol Varchant en Breton) est située à quelques mètres du Grand Menhir Brisé et du Tumulus d'Er Vinglé, sur un terrain qui aurait semble-t-il appartenu dans le passé à une famille dénommée Marchand.

Ce dolmen, certainement l'un des plus visités de Bretagne, a servi de carrière au fil des siècles, et avait perdu depuis longtemps sa couverture en pièrre sèche. Réduit à sa structure interne, il n'avait conservé qu'une grande dalle reposant sur 3 pilliers comme en attestent d'anciennes cartes postales. Malgré ces importantes dégradations, la Table des Marchand était considérée comme "le plus grand et le plus beau des dolmens", notamment pour les magnifiques gravures qui sont visibles sur certaines pierres.

 


La Table des Marchand vers 1900


Le Dolmen des Marchand tel qu'on le voit aujourd'hui a fait l'objet d'importants travaux de restauration qui lui ont permis de retrouver un aspect proche de l'original. Construit selon un schéma commun à beaucoup de monuments mégalithiques de la région ( Gavrinis, Kercado), il est composé d'un dolmen à couloir "classique" recouvert par un grand cairn. C'est donc un édifice qui a été conçu pour que l'on puisse y retourner régulièrement, contrairement au tumulus voisin qui est totalement clos.

 


L'entrée marquée par un linteau monumental est orientée en direction du Golfe du Morbihan au sud-est, peut être en rapport avec l'axe du lever du soleil au solstice d'hiver. Le couloir de 7m de long pour 1,50m de large en moyenne mène à une grande chambre polygonale de 3m sur 3,80m. La hauteur sous plafond augmente progressivement de 1,40m à l'entrée jusqu'à plus de 2,50m dans la chambre, ce qui est particulièrement élevé pour un dolmen. Le couloir et la chambre sont construits avec de grandes dalles pesant chacune plusieurs tonnes, complétées par une maçonnerie de petites pierres.

 


Entrée du dolmen orientée sud-est


Le cairn qui recouvre cette structure mégalithique est de forme ovale et mesure environ 30m sur 25m. Il s'agit d'une impressionnante couverture à double parement construite en maçonnerie de pierre sèche, c'est à dire sans mortier ni ciment. Cette construction en dalles de granit régulières est particulièrement soignée. Les dernières fouilles ont révélé les fondations, ce qui a permis de comprendre la forme globale du monument et de le restaurer. Le cairn a été reconstruit jusqu'à la hauteur maximale des murs retrouvés, mais il est probable qu'il ait été bien plus grand à l'origine, peut être comme celui de Gavrinis dont la façade atteint 8m de haut.

 

Vue intérieure du couloir avec la dalle de chevet au fond


On peut observer des ornementations sur certaines dalles du couloir et de la chambre. Sur le troisième pillier de la paroi gauche on aperçoit quelques lignes courbes interrompues par la fracture de la roche, et vers le bas, sous le niveau du calage, se trouvent des cupules, de petites cavités creusées dans la pierre par les hommes. Cela laisse penser que cette pierre fut travaillée directement à l'affleurement rocheux, bien avant d'être intégrée au dolmen.

Les quatrièmes pilliers de chaque côté ont été visiblement retaillés à leur sommet pour s'adapter à la hauteur du couloir. Comme le Grand Menhir Brisé, ils sont en orthogneiss, un granit particulier qui proviendrait de la presqu'île de Rhuys ou d'un autre gisement distant de plusieurs kilomètres de Locmariaquer. Il est possible que ces pilliers soient d'anciens menhirs réemployés pour la construction du dolmen.

 


Moulages des dalles ornées - Photo de Z. Le Rouzic


Dans la chambre, trois pilliers disparus ont du être remplacés du côté nord, mais ce qui frappe en premier c'est la grande dalle de chevet ornée qui fait face à l'entrée. Ce beau bloc est en grès blanc, un autre type de roche provenant également de plusieurs kilomètres. La forme ogivale de cette dalle est accentuée par un bas-relief en écusson avec la pointe au sommet. Elle comporte 53 signes ressemblant à des crosses ou des épis de blé. Répartis sur quatre rangées, ces signes recouvrent toute la surface de la pierre selon une composition rigoureuse et verticalement symétrique.

Cette dalle est en réalité gravée sur les deux faces, la fosse de calage et des traces d'érosions révèlent qu'elle fut érigée à ce même emplacement en plein air durant plusieurs siècles. Antérieure au dolmen qui fut construit autour, elle a pu appartenir au même ensemble que l'alignement du Grand Menhir Brisé. Par la richesse de son décor, elle représente à elle seule l'un des chefs d'oeuvre de l'art du néolithique.

 


La grande dalle qui constitue le plafond de la chambre est en orthogneiss. Elle mesure 7m de long, 4m de large et 80cm d'épaisseur, son poids est estimé à 40 tonnes, et sa face visible porte différentes gravures. On y voit un signe interprété comme une "hache emmanchée", symbole proche de celui qu'on retrouve sur le Grand Menhir et dans le dolmen du Mané Rutual. On peut observer également un signe en crosse, ainsi que les membres antérieurs d'un bovidé dont la tête est partiellement coincée par un pillier et dont le corps est coupé par la ligne de fracture de la roche.

 


Symbole de hache emmanchée au plafond de la chambre


En 1983, les fouilles du Cairn de l'île de Gavrinis située à environ 4km dans le Golfe du Morbihan ont révélé que les dalles de couverture des chambres des deux dolmens étaient complémentaires. En effet, les lignes de fracture de ces deux pierres en orthogneiss correspondent avec exactitude, et on a découvert sur la face cachée de la dalle de Gavrinis, la partie manquante du bovidé de la Table des Marchand accompagné d'un second animal gravé.

Cette pierre monumentale, complétée par un troisième fragment, pouvait atteindre 14 à 15m de long, et il semblerait que c'était un des mégalithes autrefois alignés avec le Grand Menhir d'Er Grah. Ce monolithe aurait été transporté à Locmariaquer puis érigé et gravé sans doute vers -4700 / -4500. Ensuite vers -4200 il aurait été abattu et fragmenté pour servir plus tard dans la construction des dolmens.

 


Schéma du Men Er Grah et du menhir Gavrinis / Marchand reconstitués
.


Les fouilles ont révélé sous la Table des Marchand les vestiges d'une construction avec des poteaux de bois, témoignant d'une occupation du site antérieure à la construction du dolmen, peut être entre -4500 et -4000. Plus récent que ses voisins le Grand Menhir et le Tumulus d'Er Grah, le Dolmen des Marchand a été construit entre -3900 et -3700 avant notre ère, et semble avoir été occupé pendant près de 2000 ans.

Le site a servi de carrière dès l'époque Gallo-Romaine pour la construction d'une ville et d'un théâtre à Locmariaquer dans les premiers siècles après Jésus Christ. Les pierres furent retirées du cairn les unes après les autres jusqu'à découvrir la structure mégalithique dont quelques pilliers ont subi d'importants dégâts ( quand ils n'ont pas tout simplement disparu).

Le Président de Robien a visité les monuments mégalithiques de Locmariaquer entre 1727 et 1737, mais il ne fait pas mention de la Table des Marchand qui n'a certainement été redécouverte qu'à la fin du XVIII° siècle. Le dolmen fut fouillé en 1811, mais tout le mobilier recueilli à ce moment là est aujourd'hui perdu. Il comprenait notamment des objets en or, révélant une occupation à l'Âge du Cuivre ou au Bronze ancien (-2500 / -2000). Le dolmen devint propriété de l'état puis fut classé monument historique à la fin du XIX° siècle. De nouvelles fouilles et certains travaux de consolidation furent effectués en 1883, 1905 et 1921.

 


Vue du nord (début XX° siècle) - Photo de Z. Le Rouzic


En 1937, afin de préserver les dalles ornées, Zacharie le Rouzic fit recouvrir le monument d'un cairn artificiel jusqu'à la hauteur des tables de couverture, et compléta les murs intérieurs de soutien d'une manière peu esthétique.

En 1986, les fouilles dirigées par Jean L'Helgouac'h sont l'occasion de nettoyer totalement le monument et de retirer toutes les modifications modernes pour révéler les fondations de l'édifice. La restauration sera ensuite entreprise par les Monuments Nationaux à partir de 1991.

Les objets découverts dans la chambre sont aujourd'hui exposés au Musée de Vannes et comprennent:
. Des fragments de poterie et des éclats de silex
. Deux pointes de flèches et une petite hache en fibrolithe
. Une belle pendeloque en calcédoine
. Un fragment de perle en jais perforée

 


Vue du côté ouest du cairn avec les fosses de calage de l'alignement de menhirs disparus.


Datation: Le Cairn de la Table des Marchand aurait apparemment été construit vers -3900 / -3700 avant Jésus-Christ.

Classé MH: 1889

Localisation: Le site mégalithique d'Er Grah est très bien indiqué depuis l'entrée du bourg de Locmariaquer.

Accès: Le site est clôturé et l'accès est payant. Visite commentée des trois monuments, possibilité de visiter l'intérieur du cairn et d'y prendre des photos. Le site est entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite et en fauteuil roulant.

Renseignements, tarifs et horaires:
Centre des Monuments Nationaux - Site mégalithique de Locmariaquer
Route de Kerlogonan, 56740 Locmariaquer
Tel: 02.97.57.37.59
www.monuments-nationaux.fr

A proximité:
. Sur le site d'Er Grah se trouvent également le Grand Menhir Brisé et le Tumulus d'Er Vinglé.
. Tumulus du Mané Lud à environ 200m
. Cairn de l'île de Gavrinis à Larmor-Baden.
. Cairn de kercado à Carnac.

Bibliographie:
. Jean L'Helgouac'h, Locmariaquer; éditions Jean-Paul Gisserot
. Charles-Tanguy Leroux et Yvon Boëlle, Carnac, Locmariaquer et Gavrinis; éditions Ouest-France
. Jacques Briard, Dolmens & menhirs de Bretagne; éditions Jean-Paul Gisserot

 

Vue aérienne du site d'Er Grah, en haut le Tumulus d'Er Vinglé, en bas à gauche le Grand Menhir Brisé, et à droite la Table des Marchand (image retouchée depuis une photo de JJ Evendon)

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Publié par Gaël - dans 56 Morbihan
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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 15:48

Ce monument se trouve sur la commune de Carnac (56340) dans le département du Morbihan.



La région de Carnac est surtout connue pour ses Alignements de Menhirs, mais on y trouve également de nombreux dolmens & tumulus. Le Cairn de Kercado est situé derrière le château du même nom, au sud des alignements de Kermario. Ce monument est particulièrement intéressant en raison de son remarquable état de conservation. Alors que la plupart des dolmens n'ont gardé que les grandes dalles de leur structure interne, leur squelette en quelque sorte, celui de Kercado possède encore une imposante couverture de pierres sèches appelée cairn. On pense qu'à l'origine tous les dolmens devaient être recouverts de cette manière.

Ce monument est apparenté au type des "dolmens à couloir", un modèle architectural très répandu dans cette partie de la Bretagne. Il est constitué d'un couloir évasé, long de 6,50m et large de 1,20m, qui mène à une chambre rectangulaire de 2,9m sur 3,2m. La hauteur du couloir s'élève progressivement de 1,5m à l'entrée jusqu'à 2,5m dans la chambre. Celle-ci est recouverte d'une grande dalle de 5,30 x 3,80 mètres. Le couloir est orienté vers l'Est et la chambre est légèrement décalée vers le Nord. Cette structure interne est recouverte d'un cairn de 25m de diamètre et de 5m de haut.

 


Autour du dolmen, à environ 4m de distance, on peut encore voir 27 menhirs de moins de 2m de haut, essentiellement du côté sud-ouest. Ces pierres sont les vestiges d'une enceinte circulaire. Le menhir qui fait face à l'entrée du couloir mesure 1,8m de haut. Le cairn est lui-même surmonté d'un menhir de 2,20m, mais cette disposition originale date des fouilles de 1925 menées par Zacharie Le Rouzic.

 

Entrée du côté Est


. Dans le couloir et à l'entrée de la chambre côté sud, des pilliers portent des gravures représentant des formes géométriques irrégulières assez proches de celles que l'on peut observer au dolmen de Mané-Kerioned à Carnac, ou au Cairn du Petit-Mont d'Arzon. L'un des pilliers de la chambre est volontairement taillé en forme d'écusson.

 


Deux vues de l'intérieur du cairn


La grande dalle de couverture qui constitue le plafond de la chambre comporte un symbole obtenu par piquetage de la roche. Ce bas-relief est interpreté comme un symbole de "hache emmanchée", appelé parfois "hache-charrue" ce qui correspondrait à un araire. Ce signe n'est pas placé au centre de la table de couverture, mais sur un bord, près des pilliers. On retrouve des symboles similaires à Locmariaquer sur le Grand Menhir Brisé et dans le dolmen de la Table des Marchand.

Bien que le contour de la dalle de couverture soit inconnu, la disposition "anormale" du symbole de Kercado laisse penser qu'il s'agit d'une dalle de réemploi ayant appartenu à un monument plus ancien; les bas-reliefs de cette pierre, comme la dalle tailée en écusson, pourraient avoir été éxécutés plusieurs siècles avant la construction du cairn.

 


Vue de l'Est - Photo de Zacharie Le Rouzic (1925)


. Ce dolmen fut fouillé en 1863 par R. Galles puis en 1925 par Z. Le Rouzic. Il a révélé un riche mobilier traduisant de multiples fréquentations: des pointes de flèches en silex, des haches polies en dolérite et en jadéïte, 41 poteries du néolithique moyen jusqu'au style "campaniforme", des pendeloques en serpentine et 147 perles de callaïs visibles au Musée de la Préhistoire de Carnac. On y a aussi découvert quelques restes d'ossements humains calcinés, ce qui laisse penser que ce dolmen avait notamment une fonction funéraire.

D'après les analyses au carbone 14 d'un charbon de bois provenant des fouilles de Z. Le Rouzic, on a pu estimer l'âge du monument. Il aurait été construit vers -4600 avant Jésus-Christ, ce qui fait de lui l'un des plus vieux dolmens de Bretagne. Il semble qu'il ait été utilisé durant plusieurs millénaires jusqu'aux environs de -1500.

 


Vue du sud - Photo de Zacharie Le Rouzic (1925)


Datation: vers -4600 avant notre ère

Classé MH: 27 décembre 1923

Localisation: Sur la commune de Carnac, au sud des alignements de Kermario et au bord de la route menant à la Trinité-sur-Mer (D196). Le cairn est situé sur le domaine du Château de Kercado.

Accès: Payant (1 euros!). Je ne crois pas qu'il y ait de visites guidées mais des plaquettes décrivant le site sont prêtées à l'accueil. L'accès à l'intérieur du Cairn de Kercado est autorisé, et les photos également.

 


A proximité
:
. Alignements de Carnac
. Géant du Manio et Quadrilatère du Manio
. Grand Menhir Brisé et cairn de la Table des Marchand à Locmariaquer.

Crédit Photo: Le Rouzic, Zacharie - Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (archives photographiques)

Bibliographie:
. Zacharie Le Rouzic, Carnac: Les Monuments Mégalithiques, leur destination, leur âge; édition de 1960 mis à jour par Maurice Jacq
. Charles-Tanguy Leroux et Yvon Boëlle, Carnac, Locmariaquer et Gavrinis; éditions Ouest-France
. Jacques Briard, Carnac terre des mégalithes; éditions Jean-Paul Gisserot

Liens externes:
. Le Musée de la Préhistoire J.Miln / Z. Le Rouzic de Carnac: www.museedecarnac.com

  
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Publié par Gaël - dans 56 Morbihan
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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 12:46
Ce site archéologique se trouve sur la commune de Belz (56550) dans le Morbihan.

Suite à un incendie dans la lande le 22 juin 2003 à Belz, 16 menhirs oubliés sont redécouverts sur le site de Kerdruellan, à quelques kilomètres des fameux Alignements de Carnac. A l'occasion d'un projet de construction d'habitations à proximité de ces menhirs, des archéologues découvrent en 2005 une soixantaine de mégalithes lors de fouilles préventives dirigées par l'INRAP. C'est la première fois qu'un site mégalithique est ainsi mis au jour dans le cadre d'une opération d'archéologie préventive. Après les résultats des premières fouilles et devant l'ampleur des découvertes, le site a été classé monument historique le 19 mars 2008.


Vidéo: INRAP / VIC Prod (2006)

Pour un site de près de 20 hectares, des fouilles sont réalisées sur une surface de 3000 mètres carré. Elles révèlent environ 60 blocs de granit de 50cm à 2m de long, couchés, répartis dans tous les sens de manière anarchique et enfouis sous 50 cm de terre. Certains monolithes sont simplement renversés et ont été retrouvés près de leur fosse de calage, d'autres ont été déplacés et comportent des traces de débitage.

Ce site comprend de nombreux vestiges historiques et préhistoriques, et son intérêt majeur réside dans le fait qu'il a conservé son environnement sédimentaire d'origine, contrairement à des lieux comme Carnac dont les sols sont particulièrement érodés. Les archéologues ont trouvé notamment des silex et de nombreux fragments de céramique datables par leur style et permettant d'identifier deux périodes d'occupation distinctes:
. Les silex taillés ( grattoirs et outils tranchants pour travailler l'os et le cuir) et des céramiques de style "campaniforme", notamment des vases en argile, sont datés du néolithique final. `
. D'autres morceaux de céramique qui se trouvaient dans les couches sédimentaires supérieures sont beaucoup plus récents, et correspondraient à l'époque médiévale.


Photo: INRAP

Les alignements mégalithiques de Kerdruellan auraient semble-t-il été érigés au néolithique moyen entre -4500 et -3000, puis abbatus et enterrés volontairement environ un millénaire après (vers -2500) pour des raisons encore inconnues. Bien plus tard, certains de ces blocs auraient été exploités à terre, sans doute pour servir de matériaux de construction durant le Moyen-Âge. 

Les fouilles menées il y a quelques années près du Grand Menhir Brisé à Locmariaquer ont permis de découvrir les fosses de calage de 18 menhirs alignés. Ces pierres auraient été érigées au début de la période néolithique vers - 4700, puis abbatues quelques siècles après pour être réemployées dans la construction de plusieurs dolmens de la région ( Table des Marchand, Cairn de Gavrinis, dolmen du Mané Ruthual, etc.).

Les alignements de Kerdruellan nous montrent un nouvel exemple de site mégalithique démantelé dès la période néolithique, avec toutefois une différence importante: les menhirs de Belz n'ont apparemment pas été détruits pour être réutilisés au néolithique, mais uniquement couchés et enterrés. Ceux qui ont commis cet acte ne semblaient pas s'intéresser aux pierres pour elles-mêmes, mais plutôt vouloir effacer toutes traces de ce qu'elles symbolisaient.


Photo: www.espace-science.org

Contacts:
. Institut National de Recherche Archéologique Préventive (INRAP)
http://www.inrap.fr

. Stéphan Hinguant: 02 23 36 00 40 / mail : stephan.hinguant@inrap.fr
. Christine Boujot: 02 99 84 59 08 / mail : christine.boujot@culture.gouv.fr

A proximité:
. Alignements de Kerzerho à Erdeven
. Quadrilatère de Crucuno à Plouharnel
. Alignements de Carnac

Sources:
. Article publié sur le site de l'INRAP
. Voir la vidéo sur le site de l'INRAP
. Article publié dans Sciences Ouest n°236 (octobre 2006)

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Publié par Gaël - dans 56 Morbihan
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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 23:00

Les alignements mégalithiques de la région de Carnac sont répartis sur un vaste territoire  de 15Km de long s'étendant de la rivière d'Etel à la rivière de Crac'h, sur les communes de Belz, Erdeven, Plouharnel, Saint-Pierre-Quiberon, Carnac et la Trinité-sur-Mer dans le Morbihan (56).

Alignements du Ménec à Carnac.


Carnac est le site mégalithique le plus connu de Bretagne, et l'un des plus célèbres du monde, avec Stonehenge en Angleterre ou Newgrange en Irlande. Sur la seule commune de Carnac, les alignements sont répartis sur trois "champs" principaux sur une longueur de 3,9 Km, et comptabilisent 2934 menhirs disposés essentiellement en une dizaine de files parallèles. Outre les alignements, on peut voir également à Carnac de nombreux dolmens et tumulus datant approximativement de la même époque, entre -5000 et -3000 ans avant notre ère.

 


Alignements de Kermario, Carnac (photo personnelle retouchée afin de faire disparaître les grillages)


Les files des alignements de la ville de Carnac sont globalement orientées d'Est en Ouest sur les sites suivants:
. Kerlescan
. Le Manio
 et kermario
. Toul-Chignan et Le Ménec 



Plan général des alignements de Carnac


Ils sont complétés à l'Est par l'alignement du Petit Ménec à la Trinité-sur-Mer.

Ils se prolongent à l'ouest et au nord de Carnac sur les communes voisines:
. Les alignements de Saint-Pierre-Quiberon
.
Les Menhirs de Sainte-Barbe et ceux du Vieux-Moulin à Plouharnel
. Les Alignements de Kerzerho à Erdeven
. Le site démantelé des Alignements de Kerdruellan à Belz. 



Alignements de Kerzerho à Erdeven
 

Le sous-sol de Carnac est constitué par un granit clair et légèrement feuilleté qui affleure en de nombreux endroits, rendant le site propice à la construction de mégalithes. Les menhirs des alignements ont l'aspect de blocs restés bruts, parfois de forme très irrégulière. On peut y voir de nombreuses marques d'érosion qui laissent penser qu'ils ont été récoltés à l'affleurement plutôt qu'extraits en carrière.

Les principaux alignements de Carnac comprennent chacun entre 10 et 13 files de menhirs sur une largeur moyenne de 100m et une longueur pouvant dépasser un kilomètre. L'alignement du Ménec, considéré comme le plus complet du site, contient en tout 1170 pierres. Les menhirs des alignements sont de taille et de forme très variables, les plus petits mesurent environ 50cm et le plus grand, situé à Kermario, est aujourd'hui couché et mesure 6,42m de longueur. Les menhirs sont en général disposés par ordre de taille au sein de chaque groupe, les plus grands se trouvant le plus souvent vers la partie ouest du champ. C'est le site de Kermario qui a conservé les plus grands mégalithes alignés.

 


Vue aérienne des alignements du Ménec.


Le plus grand menhir dressé de Carnac, appelé le Géant du Manio, est situé entre les alignements de Kermario et ceux de Kerlescan. Il s'agit d'un monolithe isolé qui n'est pas associé à une file de menhirs, il est possible qu'il ait été érigé bien avant les grands alignements. Il mesure 5,80m hors sol.

Tous les groupes d'alignements sont bien distincts, ils ont chacun une orientation particulière, et des espaces de plusieurs centaines de mètres les séparent les uns des autres. Certains alignements ont conservé les vestiges d'enceintes mégalithiques, parfois appelées "cromlec'h" ou "oeuf mégalithique". Ce sont des groupes de menhirs disposés en hémicycle ( demi-cercle) situés aux extrêmités Est et Ouest des alignements. A Carnac, les sites du Menec et de Kerlescan ont encore ce type d'enceinte, mais à Kermario elle a aujour'hui totalement disparu; on pense qu'à l'origine tous les champs de menhirs de la région devaient être structurés de cette façon. 

 


Vue aérienne des Alignements de Kermario


Le site de Carnac, aussi impressionnant soit-il, ne présente que les vestiges d'un monument qui fut bien plus important par le passé. Les pierres que l'on voit aujourd'hui ne représentent sans doute que 10 à 20% du nombre total de mégalithes qui furent dressés à la période néolithique. La construction du site se serait étalée sur plusieurs générations, essentiellement entre -4000 et -3000 avant Jésus-Christ, mais il est possible que certains menhirs soient bien plus vieux.

Le nom de Carnac peut se traduire par "le lieu où il y a des pierres", carn en breton signifiant "amas de pierre" (voir cairn). La tradition orale a associé au lieu un nombre incalculable de légendes, et de coutumes, la plus célèbre étant sans doute celle de Saint-Cornely poursuivi par des légionnaires romains qu'il aurait transformés en "une armée de pierre". 

 


Représentation idéaliste des menhirs de Carnac à la période romantique


C'est seulement à partir du XVIII° siècle que des érudits commencent à s'intéresser aux alignements. Bien que le comte de Caylus ait pensé dès 1764 que les mégalithes pouvaient être vieux de plusieurs millénaires, la pensée scientifique et l'opinion publique attribueront ces monuments aux Gaulois et plus largement à tous les peuples Celtes. Cette idée restera dominante jusqu'à la fin du XIX° siècle, et perdure encore aujourd'hui dans l'imaginaire de beaucoup de touristes.

Les théories plus ou moins sérieuses se multiplièrent, expliquant comment et pourquoi autant de menhirs se dressaient ainsi à Carnac. Certains imaginèrent qu'ils étaient le résultat d'un boulversement naturel très ancien, d'autres affirmèrent que les menhirs avaient été érigés en l'honneur de guerriers morts sur un champ de bataille, ou encore que les alignements étaient les vestiges d'un ancien camp romain!

 Au XIX° siècle, apparaissent les théories selon lesquelles, Carnac serait un gigantesque observatoire astronomique, plus ou moins associé à des cultes solaire et lunaire. De nombreuses études se succèdent dans cet axe de recherche, et on découvre à partir de la fin du XIX° siècle la correspondance des files de menhirs avec la position du soleil aux solstices et aux équinoxes, les méthodes de calcul de divers phénomènes astronomiques; des théories souvent passionnantes mais qui ont rarement pu être démontrées.

 


Le Géant du Ménec, carte postale du début du XX° siècle.


En 1832, Murray et Vicars lèvent le premier "plan-masse" des monuments de la région, annonçant les nombreuses études de la fin du XIX° siècle. James Miln, un archéologue écossais, entreprend de vastes fouilles des monuments à partir de 1870. Il lèguera à sa mort, en 1881, les objets recueillis dans la région à la commune de Carnac. Cette collection sera à l'origine du Musée de la Préhistoire J.Miln auquel sera associé le nom de son jeune assistant carnacois, Zacharie Le Rouzic qui se chargera de sa conservation et de son enrichissement, jusqu'à sa mort en 1939. Célèbre pour les nombreuses fouilles et restaurations qu'il effectua sur les sites mégalithiques de la région, il reste encore aujourd'hui la figure emblématique de l'archéologie armoricaine.



Alignements du Ménec


Depuis 1950, le site mégalithique et la station balnéaire de Carnac attirent chaque année un nombre croissant de touristes. On estime à l'heure actuelle la fréquentation des alignements à environ 800.000 vititeurs par an. Depuis le début des années 1990, des grillages ont été installés autour des alignements du Ménec, de Kermario et de Kerlescan afin d'interdire aux touristes de s'approcher des menhirs en dehors des visites payantes organisées par la "Maison des Mégalithes". L'argument évoqué pour justifier l'installation des grillages est que la fréquentation en masse des sites d'alignements avait entrainé une déterioration des sols pouvant provoquer la chute des menhirs!

S'il est possible que 800.000 touristes exercent une influence sur le sol, il est en tout cas évident qu'ils représentent une énorme ressource financière pour ceux qui souhaitent faire du profit grâce à cette "attraction exceptionnelle". C'est ainsi qu'apparait, en parallèle de l'installation des grillages, le projet de construire un parc "Menhirland" dont l'objectif est de couper tout accès gratuit aux alignements, en expropriant les habitants proches des menhirs, et en créant une déviation de la route menant à la Trinité-sur-Mer.

Ce projet a provoqué une vive polémique qui dure depuis près de 20 ans, les nombreux opposants aux grillages et au projet menhirland étant représentés par l'association Menhirs Libres qui milite activement pour la défense des droits des Carnacois menacés d'expropriation et pour une gestion intelligente, pédagogique et résolument non-commerciale de tous les sites mégalithiques de la région de Carnac. L'association souhaite la suppression immédiate des grillages donnant un accès aux alignements libre et gratuit toute l'année, l'aménagement de parkings à différents emplacements près des sites, et des indications vers tous les monuments mégalithiques de la région afin de réduire le phénomène de concentration touristique sur les points les plus célèbres et les plus "rentables".

 


Alignements de Kermario


Je pense qu'il est essentiel que tous les visiteurs des sites mégalithiques prennent conscience de l'importance de cet héritage formidable que nous ont légué les populations qui vivaient ici il y a 6000 ans. Cette prise de conscience et le respect des sites et de leur environnement est l'affaire de tous, elle doit concerner tous les vestiges archéologiques, les plus fréquentés comme les plus modestes, et je ne pense pas que l'interdiction générale d'accès au site soit la bonne méthode pour responsabiliser le public.

Bibliographie:
. Charles-Tanguy Leroux et Yvon Boëlle, Carnac, Locmariaquer et Gavrinis; éditions Ouest-France
. Zacharie Le Rouzic, Carnac: Les Monuments Mégalithiques, leur destination, leur âge; édition de 1960 mis à jour par Maurice Jacq
. Jacques Briard, Carnac terre des mégalithes; éditions Jean-Paul Gisserot 
 
A proximité:
. Cairn de Kercado
. Tumulus Saint-Michel
. Quadrilatère de Crucuno à Plouharnel
. Grand Menhir Brisé  et Dolmen de la Table des Marchand à Locmariaquer 

 
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Publié par Gaël - dans 56 Morbihan
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 16:24

Ce menhir se trouve sur "Le Site Mégalithique" dans la commune de Locmariaquer (56740) dans le Morbihan.

menhir - locmariaquer


Aujourd'hui couché et brisé en quatre énormes morceaux, ce menhir qui mesure près de 21m pour une masse estimée à 280 tonnes est le plus grand connu en Europe. Lorsqu'il était dressé il devait s'élever à plus de 18,5m au dessus du sol. Par comparaison, le Menhir de Kerloas à Plouarzel dans le Finistère est le plus grand menhir encore debout à l'heure actuelle avec ses 9,50m de hauteur.

Le Grand Menhir, ou Men Er Grah, est taillé dans un orthogneiss ( type de roche granitoïde à gros grain et nettement feuilletée) étranger à la presqu'île de Locmariaquer dont le sol est constitué, comme à Carnac, d'un granit à grain fin. Il pourrait provenir d'un affleurement situé de l'autre côté du Golfe du Morbihan, et aurait donc été transporté sur plus d'une dizaine de kilomètres par des moyens encore indéterminés.

Au début du Néolithique 5000 ans avant notre ère,  la mer se trouvait à plusieurs mètres en dessous de son niveau, le rivage était situé environ 300m plus loin que les côtes actuelles, et le golfe du Morbihan était constitué d'une série de collines entrecoupées de vallées, et traversées par les rivières d'Auray et de Vannes. Ces rivières permettant malgré tout d'accéder à l'arrière pays par voie d'eau, il est envisageable que le transport des blocs d'orthogneiss ait pu se faire partiellement par flottage à l'aide de radeaux.

 

menhir - locmariaquer

La base du Grand Menhir et ses pierres de calage


Pour le dresser, les habitants du néolithique ont probablement creusé une fosse dans laquelle ils faisaient basculer le menhir depuis une rampe construite en terre, avant de le redresser avec des leviers et des chèvres en bois, et de le caler avec des pierres et de la terre. Une fois dressé il a été entièrement poli avec des percuteurs de quartz. La base destinée à être enfouie est restée brute à l'exception d'une "rotule" d'extrémité dont le but était de faciliter sa mise en place.

Les cassures séparant les fragments des trois morceaux aujourd'hui alignés comportent de larges esquilles sans doute dues à une brutale chute en porte-à-faux. La cassure principale est en revanche très franche et la disposition des blocs suggère qu'en s'écroulant, la partie supérieure a pu faire "chasser" la base qui se serait ensuite affaissée.

Le Grand Menhir, plus ancien que le Tumulus d'Er Grah et que la Table des Marchand, faisait partie d'un alignement de 19 menhirs dont les fosses de calage ont été redécouvertes lors de récentes fouilles archéologiques. L' alignement s'étendait sur une longueur de 55m dans un axe nord-est / sud-ouest depuis la Table des Marchand jusqu'au Grand Menhir, apparemment par ordre de tailles croissantes.

 


Les pierres de calage de l'alignement disparu avec au fond le Men Er Grah, et sur la gauche le cairn de la Table des Marchand


Au fil des siècles, de nombreuses théories ont été avancées cherchant à expliquer la chute du Men Er Grah, par des causes naturelles ( tremblement de terre, foudre) ou humaines ( des Chrétiens destructeurs d'idoles païennes, des vandales Gallo-Romains, etc.). On pense aujourd'hui que le menhir aurait été brisé dès l'époque néolithique, quelques siècles après son érection, sans doute entre -4300 et -4000. Un changement dans les croyances et les pratiques cultuelles, peut être suite à une guerre ou à l'arrivée de nouvelles populations sur le site de Locmariaquer, aurait amené les habitants de la région à détruire les idoles des anciennes religions et à réemployer les pierres pour construire de nouveaux monuments.

Lors des fouilles du cairn de l'île de Gavrinis, les archéologues ont découvert que sa dalle de couverture complétait parfaitement celle de la Table des Marchand, aussi bien par leur cassure que par les figures de bovins représentées dessus. Les deux dalles seraient semble-t-il des fragments d'un même menhir haut d'environ 14m et ayant appartenu à l'alignement d'Er Grah. La dalle de chevet de la Table des Marchand, connue pour ses somptueuses décorations, aurait pu elle aussi appartenir à ce même alignement; des analyses géologiques ayant démontré qu'elle avait été exposée en extérieur durant plusieurs siècles avant d'être incorporée à la chambre du dolmen.

 

schema menhir locmariaquer - gavrinis

Schéma du Men Er Grah et des tables de couverture de Gavrinis et de la Table des Marchand reconstitués.


Sur la commune de Locmariaquer, plusieurs dolmens semblent avoir été construits avec des fragments de menhirs provenant de l'ancien alignement, tels que le Mané Rutual et son impressionnante table de couverture longue de 11m, ou le Mané Lud dont le sol de la chambre est formé d'une énorme dalle en forme d'écusson. Toutes les pierres que nous venons de citer sont taillées dans le même type de granit que le Grand Menhir.

 


Gravure sur le Men Er Grah - Photo CNRS / P. Glotain


Comme le montre la photo ci-dessus, le Grand Menhir Brisé, à l'instar des tables de couverture Gavrinis / Marchand, porte lui aussi un grand signe en relief, malheureusement très érodé par les intempéries et les glissades de touristes peu respectueux. Cette gravure obtenue par piquetage de la roche représenterait un symbole de "hache emmanchée" assez proche de celui que l'on retrouve à la Table des Marchand ou encore au Cairn de Kercado à Carnac.

 


Dimensions:
environ 21m de long  et 3m de large pour un poids approximatif de 280 tonnes. Il devait atteindre 18,5m au dessus du sol lorsqu'il était dressé.

Datation:  érigé vers -4700 / -4500 avant notre ère, il aurait apparemment été abattu entre -4300 et -4000.

Autres noms: Men Er Grah ou Men Er Groah ( Pierre de la Sorcière), Men ar Hroëc'h ( Pierre de la Fée)

Classé MH: 1889

Localisation: à l'entrée de la commune de Locmariaquer suivre les panneaux "Site Mégalithique", rue de Kerlogonan. Entrée payante (renseignement: 02.97.57.37.59).

A proximité: Sur le même site se trouvent le cairn de La Table des Marchand et le Tumulus d'Er Grah.

Bibliographie:
. Jean L'Helgouac'h, Locmariaquer; éditions Jean-Paul Gisserot
. Charles-Tanguy Leroux et Yvon Boëlle, Carnac, Locmariaquer et Gavrinis; éditions Ouest-France

 

locmariaquer - carte postale - menhir

Carte postale du début du XX° siècle.

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 18:42
Ce dolmen est situé près du lieu-dit la Ville-au-Voyer sur la commune de la Chapelle-Caro (56460) dans le Morbihan.


Ce monument est considéré comme un Dolmen à portique de type Angevin (ou type Loire), forme peu courante en Bretagne, bien qu'on en trouve quelques beaux exemples comme la magnifique Roche-aux-Fées à Essé (35). Il s'agirait visiblement du dolmen à portique le plus occidental de Bretagne.

Les dolmens de ce type seraient apparemment plus récents que les dolmens à couloir, et dateraient environ de -3000 à -2500 avant Jésus Christ. Ils se caractérisent par une grande chambre rectangulaire précédée d'un vestibule d'entrée à portique plus étroit et plus bas, et ont souvent un aspect colossal par la taille et le poids des pierres qui les composent.

Schéma extrait de La Préhistoire en Brocéliande de J.Briard


La chambre de la Maison Trouvée est couverte par une unique dalle de grés longue de 4,30m et large de plus de 2m; bien qu'elle soit fendue en son milieu, elle est assez bien conservée et très impressionnante.

Ce dolmen possède un cours vestibule à 2 dalles latérales avec, à l'entrée de la chambre principale 2 pilliers dont l'un présente une rainure (pour l'aménagement d'une porte?).

Le monument est situé dans un bosquet de chênes, et est entouré d'un tumulus d'un diamètre d'environ 20m, qui devait sans doute recouvrir à l'origine l'ensemble du dolmen.


Comme pour de nombreux mégalithes, de multiples légendes sont associées à ce dolmen. L'une d'elles raconte qu'un souterrain caché sous le dolmen conduit jusqu'au Rocher de Saint-Méen situé à quelques kilomètres. Ce souterrain servirait de refuge aux Feuillards, de petits êtres maléfiques proches des Korrigans, qui prenaient la place des nouveaux-nés dans leur berceau. Pour conjurer le sort, il faudrait parait-il jeter 9 pommes dorées dans un chaudron d'eau bouillante...


Autres noms: La Maison Trouée, la Pierre Trouée

Datation: début du III° millénaire avant notre ère

Classé MH:
28/08/1934

Localisation: à 500m au nord du lieu-dit la Ville-au-Voyer, entre les communes de la Chapelle-Caro et de Monterrein, à environ 5 km au sud de Ploërmel (56).

A proximité:
. Allée couverte de la Ville Bouquet au sud-ouest de Ploërmel (56).
. Menhirs du Piprais et de la Maison Neuve à Monterrein (56).




La chambre est couverte par une unique dalle de grés de 4.30 m de long et 3 m de large.

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Publié par Gaël - dans 56 Morbihan
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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 13:12
Ce menhir se situe à environ 1 km au Nord-Est du bourg de Monterrein (56800) au lieu-dit La Maison Neuve dans le Morbihan.


Ce beau bloc de quartzite se trouve dans un talus en bord de route, il mesure environ 2,50 mètres au dessus du sol, mais la face observable depuis la route (donc en contre-bas) doit sans doute mesurer plus de 3m. Il est large de 1,50m et épais de 1,40m environ à sa base. Bien qu'il ne soit pas indiqué, sa position en évidence en bord de route le rend assez facile à trouver.

Comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, quelques blocs de quartz plus petits sont couchés juste à coté du menhir, mais je n'ai pas réussi à savoir s'il sagissait de fragments du menhir, ou s'ils constituent les vestiges d'un ensemble plus complexes ( alignement, enceinte mégalithique). Ce menhir est peu connu et les informations le concernant sont rares et souvent erronées ( la commune elle-même le désigne, à tort, comme un monument celtique!).


Autres noms: Le Fuseau

Datation:
IV° millénaire avant notre ère.

Localisation:
Lieu-dit La Maison Neuve, au nord-est du bourg de Monterrein, à quelques kilomètres au sud de Ploërmel (56).

A proximité:
. Menhir La Roche Longue et menhir couché La Grenouille, à quelques centaines de mètres au milieu d'un champ, au lieu-dit le Piprais.
. Dolmen de la Maison Trouvée, à environ 2Km au lieu-dit la Ville-au-Voyer entre Monterrein et la Chapelle-Caro.

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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 15:07
Cette enceinte mégalithique se trouve à environ 300m à l'est du Dolmen de Crucuno à Plouharnel, dans le Morbihan (56).


Cet ensemble de 22 menhirs est un des rares quadrilatères mégalithiques connus, avec notamment le Quadrilatère du Manio à Carnac, et le Jardin-aux-Moines à Néant-sur-Yvel. Ce monument a été restauré en 1882, seules 9 pierres étaient encore debouts à ce moment là. Il semblerait que son orientation "trop précise" soit due à cette restauration abusive. Les angles de cette enceinte sont parfaitement alignés sur les points cardinaux, les côtés les plus longs (33m) étant alignés est / ouest, et les plus courts (25m) alignés nord / sud. Les menhirs mesurent en moyenne 2m de haut.


Certains pensent que ce monument servait à l'observation astronomique, permettant par ses diagonales de calculer les dates des levers et couchers du soleil aux solstices d'été et d'hiver. En effet le soleil se lève parfaitement à l'est le jour de l'equinoxe de printemps, le 21 mars, mais plus on approche de l'été et plus sa position se décale vers le nord. Les pierres de l'enceinte auraient donc servi à marquer ces différentes positions et à établir un calendrier. Il est possible que ce quadrilatère ait également servi à étudier des mouvements assez complexes de la lune ou des constellations. D'autres théories considèrent ce type d'enceintes comme une sorte de sanctuaire religieux qui délimiterait un espace sacré ou un lieu de culte.

Ce quadrilatère est souvent appelé Cromlech de Crucuno, comme le montrent les panneaux d'indication. Cette appellation semble aujourd'hui confuse et peu appropriée, un cromlech désignant habituellement une enceinte de forme circulaire, ou du moins courbée, et non pas des enceintes rectangulaires comme ici.


Datation
: -4000 BC

Classé MH
: 1889

Localisation : Lieu-dit Crucuno à Plouharnel (56), à environ 300m du village. Depuis le dolmen suivre les panneaux "cromlech".

A proximité
:
Dolmen de Crucuno à Plouharnel
Alignements de Kerzerho à Erdeven
. Alignements mégalithiques de Carnac



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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 22:07
Ce dolmen se situe au lieu-dit Crucuno sur la commune de Plouharnel (56).


Le dolmen de Crucuno, parfaite illustration du dolmen en forme de table de pierre, est l'un des monuments les plus photographiés de Bretagne. Une gravure de W. Lukis datant de 1864 nous révèle que ce mégalithe était autrefois pourvu d'un couloir d'environ 24m de long. Il ne reste aujourd'hui que la chambre de forme presque carrée mesurant 3,50m sur 3,40m et haute de 1,80m. La dalle de couverture est particulièrement impressionnante, longue de 7,60m, elle pèse plus de 40 tonnes et repose sur 9 pilliers.

Le couloir a été détruit pour laisser place à une maison et les dalles ont servi pour diverses constructions dans le village. Le dolmen de Crucuno a été classé monument historique en 1869.

Ce monument fait partie des plus anciens types de dolmens à couloir, datant sans doute de -4000 ans avant notre ère.


Inclus dans le village, le dolmen a servi tour à tour de grange, de refuge, et même de cabaret pendant les jours de foire.

Localisation : Dans le village de Crucuno à 1 Km à l'est de la route menant de plouharnel à Erdeven. Suivre les indications "Dolmen de Crucuno".

A proximité : Quadrilatère de Crucuno à environ 800m (depuis le dolmen, suivre les panneaux "cromlech")


Dolmen de Crucuno en 1920


Dolmen de Crucuno en 1912
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